Le barème de l’impôt 2027 devrait être revalorisé avec l’inflation afin de limiter une hausse mécanique de la fiscalité ( Shutterstock )
Les règles du calcul de l’impôt devraient évoluer en 2027. De nouveaux seuils se dessinent et pourraient modifier la facture de certains contribuables.
Le barème de l’impôt sur le revenu devrait de nouveau évoluer en 2027. Après plusieurs semaines d’incertitude sur un possible gel des tranches, le gouvernement a annoncé qu’il proposerait une indexation complète sur l’inflation. Concrètement, les seuils à partir desquels les différents taux s’appliquent seraient relevés pour tenir compte de la hausse des prix en 2026. Cette évolution concernerait l’impôt payé en 2027 sur les revenus de cette année. Les taux resteraient inchangés, à 0 %, 11 %, 30 %, 41 % et 45 %, mais s’appliqueraient à des niveaux de revenus légèrement plus élevés.
De nouveaux seuils pour les cinq tranches d’imposition
Le principe est important car le barème progressif n’est pas automatiquement revalorisé : ses nouveaux seuils doivent être inscrits dans la loi de finances. Pour 2026, ils avaient augmenté de 0,9 %, portant la première limite à 11 600 euros par part fiscale. Pour 2027, le gouvernement entend retenir l’inflation dans son intégralité. L’hypothèse avancée est une hausse des prix hors tabac de 2 % sur l’ensemble de 2026. C’est sur cette base que peuvent être estimées les futures tranches, même si les montants définitifs devront encore être confirmés par le texte budgétaire.
Avec une revalorisation de 2 %, la part de revenu imposable allant jusqu’à 11 832 euros resterait taxée à 0 %. La tranche à 11 % s’étendrait ensuite de 11 833 à 30 171 euros, celle à 30 % de 30 172 à 86 269 euros, puis celle à 41 % de 86 270 à 185 555 euros. Au-delà de 185 555 euros par part fiscale, le taux de 45 % continuerait de s’appliquer. Ces seuils sont obtenus en augmentant de 2 % ceux en vigueur et doivent, à ce stade, être considérés comme une projection.
Des seuils relevés pour limiter l’effet de l’inflation sur l’impôt
Cette mécanique est parfois mal comprise. Passer dans une tranche supérieure ne signifie pas que l’ensemble des revenus est soudain imposé au nouveau taux. Le barème fonctionne par fractions successives. Une personne dont le revenu imposable atteint 32 000 euros par part ne paie pas 30 % sur la totalité de cette somme. La fraction située sous le premier seuil reste exonérée, la suivante est soumise à 11 %, et seuls les revenus dépassant le plafond de cette deuxième tranche supportent le taux de 30 %. Le taux marginal ne correspond donc pas au taux moyen réellement payé.
Le relèvement des seuils vise surtout à éviter qu’une hausse de salaire destinée à suivre l’inflation entraîne, à elle seule, une augmentation de l’impôt. Si les tranches restaient figées alors que les rémunérations progressent en euros courants, une part plus importante du revenu pourrait être soumise aux taux supérieurs, sans véritable gain de pouvoir d’achat. L’indexation limite cet effet. Pour un contribuable dont le revenu n’augmente pas, elle peut même réduire légèrement l’impôt brut, puisque davantage de revenus restent compris dans les tranches les moins taxées.
Le barème définitif devra encore être validé par le Parlement
À l’inverse, cette revalorisation ne signifie pas que tous les contribuables paieront automatiquement moins d’impôt en 2027. Le montant final dépendra toujours du revenu net imposable du foyer, du nombre de parts de quotient familial, des éventuels plafonnements, de la décote, ainsi que des réductions et crédits d’impôt auxquels chacun peut prétendre. Une progression de revenus supérieure à l’inflation peut aussi conduire à une imposition plus élevée. Les nouvelles tranches modifient donc le cadre du calcul, mais elles ne suffisent pas, à elles seules, à déterminer la somme qui figurera sur l’avis d’impôt.
Le scénario d’un gel paraît désormais écarté par l’exécutif. La porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, a indiqué mi-septembre que l’indexation complète serait proposée dans le budget 2027, estimant qu’un gel provoquerait une hausse mécanique de l’impôt pour les contribuables concernés. Les seuils calculés sur la base de 2 % restent néanmoins provisoires tant que le projet de loi de finances n’a pas fixé les montants et que le Parlement ne les a pas adoptés. Pour connaître précisément l’impact sur son impôt, il faudra donc attendre le barème définitif puis le simulateur fiscal mis à jour par l’administration.
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